10 Aout

Nous voilà (Sally, Denis) sur l'aéroport de Ende, enfin un aéroport à taille humaine ou tout se fait à pied. Nous descendons avec Sally de notre avion à hélices et sur le tarmack apprécions ce petit vent frais venant de quelques orages sur les volcans environnants. Les nuages sont bas et l'atterrissage quelque peu chahuté mais nous voilà à pied d'œuvre; le paysage tropical; l'atmosphère humide et l'excitation à son comble pour rencontrer nos valeureux étudiants, les enfants de l'orphelinat, les sœurs et toutes les personnes nous ayant aidé à organiser ce projet sur place.

 

Le temps d'arriver à l'orphelinat nous laisse entrevoir une évolution rapide du mode de construction, les maisons en bois et tôle ondulée ont en partie fait place à de petits immeubles avec parfois des commerces au rez-de-chaussée; un peu comme au moyen orient mais avec des notes très asiatiques; toits en pagodes et fleurs partout. Nous arrivons enfin avec l'aide de Mr Pakasi et de Krispine, à l'orphelinat et c'est la rencontre avec les étudiants, enfants et sœurs. Très vite nous faisons le tour des réalisation du premier groupe: le trou d'incinération de déchets, le « rice cooker » pour cuire le riz, la machine à décortiquer le café, etc... Mais le plus frappant est la connivence qu'il y a entre les enfants et les étudiants, mais aussi les bébés, chaque étudiante ayant adopté le leur !!!

 
  • Les contributeurs au puits à incinération

  • Adoptés !!

  • Un peu plus d'hygiène ne serait pas de trop

Après quelques tergiversations très indonésiennes, on y va ?, non on attend le bus, on mange ici ?, non on fait de la route avant le repas, on dort ou ?, c'est sœur Cypriana qui décide, tien mais ou est-elle ?, et puis finalement on décide d'aller manger ensemble avant de se séparer, c'est même sœur Cypriana qui pour changer un peu du nasi/mi goreng (riz ou nouilles) nous emmena dans le fast food de Ende !. L'endroit est certainement unique au monde ou les soeurs catholiques côtoient les voiles islamiques (la serveuse avait même un voile noire) dans une atmosphère fast food américain mais une cuisine Italienne et une sono hard rock à fond la caisse. Dommage la grande pizza était trop petite pour l'assiette mais que le milk shake semblait bon et que les sourires étaient radieux.

et on doit repasser à l'hôtel pour dire merci !, bref tout cela certainement plus ou moins inconsciemment pour retarder le moment de la séparation qui fut plein d'émotions avec des pleurs et des embrassades qui en disent long sur la réussite de la mission.

 

11 Aout

Beaucoup d'actions à faire aujourd'hui: trouver un nouveau lieu d'hébergement pour le groupe 2, le précédent étant trop loin et insalubre, trouver comment alimenter les étudiants pour tout le séjour, se renseigner pour ouvrir un compte en banque au nom de Kasih Bunda, trouver la bonne personne à qui confier ce compte, trouver quelqu'un parlant Anglais pour accueillir les étudiants car les Pakasi ont déjà beaucoup donné avec le premier groupe, acheter aliments et produits d'hygiène et passer un moment avec les enfants, faire un état des lieux de l'orphelinat, penser à acheter les billets retour du groupe 2, un peu d'artisanat et quelques cartes postales.

Du coup nous avons fait un seul repas à 5h de l'après midi mais ce soir nous sommes satisfaits du travail effectué bien que beaucoup d'incertitudes demeurent.

 

La machine à décortiquer le café n'étant pas fixée au sol les enfants continuent de piler le café

Pourtant les éléments sont plutôt contre nous: absence de sœur Cypriana (partie pour accompagner le groupe 1 à Labuanbajo), absence d'Irène Pakasi partie depuis plusieurs jours à Java mais devant attendre qu'un volcan en éruption se calme à l'est de Java, absence de Mr Pakasi allé cherché sa femme finalement atterri à Maumere (à l'est de Ende) mais depuis bloquée par un glissement de terrain sur la route du retour.

Dure réalité du terrain qui influe sur le comportement des Indonésiens très fatalistes et pas très enclins à prendre des engagements. Notre rationalisme très occidental en prend un coup mais nous luttons !

 

État des lieux de l'orphelinat

Beaucoup de choses ont changé depuis 2011, le puits d'eau non potable a été raccordé par l'état Indonésien et 3 réserves d'eau ont été installées avec des robinets pour distribuer l'eau. Une alimentation en eau potable provenant d'une église au dessus alimente la cuisine par un tuyau qui passe par la fenêtre mais bon comme il n'y a pas de fenêtre mais juste un grillage ce n'est pas gênant. La petite maison d'accueil à l'entré de l'orphelinat est en cours de restauration avec des toilette attenantes, le tout financé par une association Hollandaise. Cet hébergement (3 chambres) pourra être occupé par les étudiants qui viendront les années prochaines. Le problème avec les anciens pensionnaires qui squattent une partie des bâtiments a été résolu par un mur qui sépare l'orphelinat des anciens baraquements occupés. Les sœurs ont donc abandonné une parti de leur terrain et les bâtiments dessus à leurs anciens protégés et se sont protégées avec un mur ! Dure réalité.

 
  • Une association Hollandaise finance la restauration du gite à l'entrée de l'orphelinat, ce gite pourra servir aux autres vagues d'étudiants venant l'année prochaine

  • Leau non potable arrive maintenant dans la cuisine ce qui est quand même plus pratique pour la vaisselle

  • L'état Indonésien a raccordé le puits d'eau et disposé 3 réserves d'eau comme celle là dans l'orphelinat ce qui permet d'avoir des points d'eau (non potable) un peu partout

  • Le mur jaune qui sépare l'orphelinat des bâtiments squattés par les anciens pensionnaires

  • L'eau potable (en provenance d'une autre congrégation) arrive même par la fenêtre de la petite cuisine

  • Le réfectoire est quand même mieux avec des tables des bans et des rideaux aux fenêtres

Nous avons sympathisé avec Tomy le propriétaire de l'hôtel ou se trouve les étudiants qui nous a été présenté par sœur Cypriana, donc bien introduit dans l'orphelinat mais surtout offusqué par le manque d'hygiène et d'éducation prodigué par les sœurs. Comme de plus il connait bien Vincensus le professeur d'Anglais qui forme les plus grands de l'orphelinat mais également Krispine surnomée Ririne la travailleuse sociale qui vient régulièrement bénévolement s'occuper des enfants et que tout le monde se lamente du peu d'éducation donnée à ces enfants par les sœurs, voilà donc le trio qu'il nous faut.

C'est comme cela en Indonésie les problèmes se résolvent aussi vite qu'ils arrivent car tout le monde est de bonne volonté et sait se rendre disponible.

 

12 Aout

Nous passons la matinée à concrétiser tout ce qui a été échafaudé la veille, obtenir l'accord de tous en parlant avec chacun, passer à la banque, faire quelques achats d'artisanat, laisser les consignes pour le deuxième groupe puis être à midi à l'aéroport pour embarquer pour Kupang, la grande ville de Timor.

 

Conclusion: Les sœurs bénéficient de beaucoup d'aides mais ne les exploitent pas, on peut comprendre que les soeurs ne souhaitent pas utiliser les couches culottes (achat récurent pas de ramassage poubelle, etc.) mais les produits de nettoyage ne sont pas utilisés, pas de salle d'études pour les travaux du soir, pas de rythme journalier qui fait dire à Vincensus que les enfants venant de l'orphelinat s'endorment durant sa classe, etc... Plutôt que de l'argent ou d'autres équipements c'est un accompagnement qu'il faut aux sœurs. Nous en avons parlé avec Vinciensus et Krispine mais également avec Ita travailleuse sociale comme Krispine, pour la somme de 80€ par mois ils sont prêts à venir 5 jours par semaine de 11h du matin à 5h du soir pour nettoyer, faire de l'hygiène, éduquer les enfants.

Nous avons laissé des consignes aux étudiants du groupe 2 pour qu'ils équipent une salle en salle de classe, de manière que les enfants puissent s'assoir et se concentrer avec un bon éclairage plutôt que de trainer sur le sol sale de la cour intérieure. Le budget non dépensé par les étudiants sera mis sur le compte KB géré par Tomy, nous pensons pouvoir tenir plusieurs mois sans rajout, nous aviserons en fonction des résultats lorsqu'il n'y aura plus d'argent sur ce compte.