Mission de prospection pour 2016

Un peu d’histoire et de géographie (merci wikipedia).

Timor est une île grande comme la Belgique à l’est des petites îles de la sonde. La moitié orientale (à l’est) de Timor forme la République du Timor oriental peuplée de 1,2 million de personnes, tandis que la moitié occidentale fait partie de la province indonésienne Nusa Tenggara Timur qui elle est peuplée de 3 million d’habitants (en 2005).

la partie occidentale, occupée par les Pays-Bas, est finalement intégrée dans les Indes néerlandaises, qui proclament leur indépendance en 1945 sous le nom de République d'Indonésie, la partie orientale elle est une colonie du Portugal. Au moment de la révolution des œillets au Portugal en 1974, l'Indonésie envahit le Timor oriental, alors que le principal mouvement indépendantiste, venait d'en déclarer l'indépendance. Suit une période d'occupation violente (200 000 morts) qui ne prendra fin qu'avec l'arrivée en 1999 de troupes internationales sous l'égide des Nations-Unies, à la suite d'un référendum organisé par le gouvernement indonésien, par lequel quelque 80 % de la population du Timor oriental refuse le maintien dans l'Indonésie.

En 2002, le Timor oriental a été officiellement reconnu État indépendant par la communauté internationale. Le retrait définitif des casques bleus a été réalisé en 2013.

Sally Tumewu, la belle fille de la fondatrice de l'orphelinat de Jakarta nous a alerté sur l'état de pauvreté de la partie Indonésienne de cette région d'où cette mission de prospection pour envisager une aide courant 2016 et peut-être la visite d'un groupe d'étudiants. Nous serons donc deux (Sally et Denis) du 13 au 17 Aout à prospecter et voir ce qu'il est possible de faire.

 

12 Août 2015

Nous venons d'atterrir à Kupang mais nous devons aller à Atambua, ville proche de la frontière avec Timor Leste, ou nous attend une petite congrégation de sœurs de St Vincent de Paul. Le temps de prendre Esther qui se joint à nous et il nous faudra 7 heures pour avaler les quelques 300km d'une route au relief très accidenté du à cette terre volcanique (avec une petite pose dans un restaurant ou il valait mieux ne pas regarder les cuisines). Nous arrivons à 01h du matin dans le centre ou deux des soeurs sont encore là pour nous accueillir.

 

Ce centre géré par 6 soeurs comprend un groupe scolaire maternel et une clinique, il doit totalement s'auto financer avec les consultations et les cours prodigués. Les soeurs ont bénéficié de quelques dons.

 
 
  • Le bâtiment scolaire

  • Une des classes de maternelle

  • L'entrée du centre

13 Août 2015

L'intérieur très propre ou habitent les soeurs, de nombreuses chambres, c'est aussi l'endroit ou l'on sème et arrose les plans qui seront mis en terre à la saison des pluies

Découverte du centre, son école primaire, sa clinique, ses capacités d'hébergement dans la perspective d'envoyer un groupe d'étudiants à cet endroit l'été prochain et déjà échafauder les projets de restauration ou d'équipement possibles.

 

La clinique a vraiment besoin d'un rafraichissement, le stérilisateur qui a 19 ans ne marche plus alors que beaucoup de femmes viennent accoucher ici. Je demande à la sœur infirmière de préparer une liste de matériels à acquérir ou renouveler, cette liste sera donnée à Sally pour avoir une idée du prix du matériel non disponible sur place mais devant être importé de Jakarta.

 

L'école aussi a des besoins, bien que très bien entretenue, les murs en bambous cèdent sous le poids des ages et il est arrivé qu'un serpent rentre dans l'école, un seul WC à la Turque pour tous les enfants, pas d'espace pour les enseignants.

 

Le grand projet aussi serait de créer un orphelinat, quelques enfants sont sans parents et beaucoup avec un seul, le terrain à l'arrière appartient aux sœurs et il y a de la place, manque juste l'argent pour la construction. Beaucoup de petits travaux à faire aussi pour les étudiants qui viendront éventuellement dans ce centre. Petite précision les soeurs possèdent une voiture mais aucune ne veut la conduire, elles préfèrent utiliser les scooters.

Beaucoup d'effervescence dés la fin de matinée et je réalise petit à petit qu'un projet se prépare. Nous devons dans l'après midi aller visiter les régions montagneuses très proches de la frontière avec Timor Leste et plutôt délaissées par les autorités. Esther qui nous a rejoint à Kupang est impliquée dans une organisation internationale de charité « family care », informée par Sally elle profite de l'occasion pour venir distribuer du riz, des tongs, des couvertures dans cette région. Sally prévoit aussi d'acheter beaucoup de barres de céréales, crayons et cahiers pour les enfants.

 

Achat des sacs de riz chez Robert commerçant d'origine chinoise qui nous accompagnera dans cette mission humanitaire, à coté de lui sa femme d'origine Portugaise ! à gauche Esther des Philippines et à droite soeur Imelda prête à féter ses 70 ans avec le sourire

Avant midi Romoino un jeune prête catholique habitant ces régions vient nous chercher avec son 4x4. Nous passons donc l'après midi dans la boutique de Robert, un grossiste d'Atambua d'origine chinoise qui s'associe au projet avec son véhicule pour remplir les deux trucks de denrées diverses, 350kg de riz, des cartons « made in China » en pagaille.

 

Puis nous partons en direction des montagnes, en l'occurrence des volcans qui montent très vite à 2 ou 3000m. Une heure de montagnes russes à peu près goudronnées puis c'est la piste. Comme le terrain est très accidenté il faut s'accrocher et les 4x4 ne sont pas de trop. Dans l'aventure sont embarqués le prêtre Romoino, le marchant Robert, deux sœurs de l'orphelinat, Eister et Sally. Après deux ou trois heures de piste (mais aussi de nombreux arrêts) nous arrivons dans le village de Nualain.

 
  • Nualain se situe dans la zone qui rentre dans la partie Timor Leste à l'est d'Atambua

  • Sur la route d'Atambua à Nualain des hommes font cuire des briques de glaise pour la construction

  • Petite halte en bord de route pour acheter les légumes et fruits pour notre périple

  • Après une heure de route la piste qui sinue dans les montagnes entre 900 et 1200m, de préférence sur les crêtes de manière à bénéficier de courant d'air et éviter les moustiques

  • Habitations traditionnelles sur la piste qui nous mène à Nualain

  • Préparation des sacs pour la distribution du lendemain

C'est la saison sèche et l'eau manque un peu partout, Romo tient à nous montrer une source d'eau potable qui fait vivre 246 familles, un petit sentier nous y conduit et nous découvrons le lieu ou attendent de nombreuses personnes, en effet la source coule au goutte à goutte et chaque famille doit faire la queue pour prendre son tour, on dépose donc ses bidons dans la file et il n'est pas rare de devoir attendre plus de 24 heures pour pouvoir les remplir.

 

Il est déjà tard et le temps d'un repas frugal nous terminons la journée à vider les gros sacs de riz dans de petits sacs plastiques que nous allons distribuer le lendemain.

 

14 Aout

Etre maman à 15 ans

L'atmosphère à Nualain est très agréable, le village se trouve à 1000 m, les nuits sont fraiches et dans la journée il y a toujours un peu de vent et des températures de 25 maximums. Il n'y a pas de moustique. C'est peut-être la raison qui fait que cette région est très peuplée malgré son isolement.

Beaucoup d'enfants bien sûr, la coutume ici veut que les filles soient enceintes dès l’âge de 15 à 16 ans, dans ce cas le garçon est hébergé par la famille de la fille sans que les jeunes soient mariés, après quelques temps beaucoup de familles rejettent le garçon car certainement pas assez mur et donc les grands parents élèvent les enfants.

Les coutumes animistes demeurent encore alors que le Christianisme domine largement. Grâce à cette religion la région s'est organisée et chaque village a son école, il y a aussi quelques églises.

Nous sommes reçus par les autorités locales

Le gouvernement lui est intervenu pour permettre aux villageois agriculteurs d'emprunter à l'état. Mais avant d'emprunter il faut montrer sa capacité à économiser. Nous sommes reçus dans l'un de ces centres, le villageois doit d'abord verser la somme de 200000Rp (14€) pour être membre après il doit économiser dans le but de pouvoir emprunter 3 fois ce qu'il a économisé à un taux de 1%.

Les jeunes ont coopéré à ce programme ne serait ce que pour acheter un scooter mais cela permet les déplacements, la vente de denrées, la fréquentation des écoles, etc..

Nous passons la journée à distribuer les denrées, à visiter les écoles. Le riz est réservé pour les personnes âgées, la plupart souffre de cataracte, il y a de nombreux cancer de la thyroïde avec des goitres énormes, beaucoup de souffrances aussi du coté des dents mais il semble que l'on peut vivre âgé dans ces montagnes au climat plutôt sain. Notre route se termine à la frontière avec le Timor Leste, l'occasion de faire une petite incursion dans ce pays.

 

Nous redescendons de nos montagnes et retrouvons enfin la route goudronnée et un peu de confort dans le centre géré par les sœurs.

  • Distribution du riz aux personnes agées

  • Distribution des barres de céréales aux enfants

  • Distribution de couvertures aux parents

15 Aout

Nous recevons une trentaine d'écoliers dont les études sont financées par Sally, avec l'argent que lui procure notre association, et qui leur distribue cahier et crayons.

Puis nous passons la matinée dans une école d'Atanbua en partie financée par Esther et family care, La directrice est la seule à être rémunérée par le gouvernement, les autres enseignants par les familles d'écoliers. Les locaux ont été financés par une famille Australienne, une association Japonaise et par « family care ». Esther est venue distribuer cahier, crayons et barres de chocolat. Le prix d'un bâtiment est de l'ordre de 15000€.

A midi nous sommes invités au restaurant par un politicien qui doit se présenter aux prochaines élections mais la discussion semble stérile. L'après-midi nous allons faire quelques achats pour la vente d'artisanat de Kasih Bunda. Le soir nous fêtons l'anniversaire de sœur Imelda qui a 70 ans, l'occasion de danser le madison avec les sœurs, de faire des photos.

  • Nous recevons un groupe d'enfants aidés par Sally et KB France

  • Nous visitons et offrons des fournitures scolaires à une école en partie payée par "family care" l'association d'Esther

  • Nous achetons de l'artisanat pour KB

16 Aout

Déjà le retour, ce soir nous devons être à Denpasar, le matin nous allons rendre visite à un des bons élèves de la ville, son prénom est Alexandre, il est en 1er scientifique, l'été dernier il a été sélectionné par l'état Indonésien pour concourir dans le domaine des sciences, il veut être médecin et les sœurs lui payent les livres dont il a besoin. En dehors de sa classe et pour se faire un peu d'argent il collecte le crottin de chèvre et vend des sacs d'engrais. Les photos parlent d'elles même.

 Les parents possèdent un peu de terrain qu'ils exploitent mais ne possède pas la maison qu'ils louent. Ils pourraient construire sur leur terre mais pour cela il faut 2500€ qu'ils n'ont pas.

 C'est aussi l'occasion pour Sally d'aller motiver les femmes pour qu'elles tissent elles aussi des vêtements traditionnels, surtout choisir des motifs qui soient vendables.

 Si la température reste constante toute l'année la saison des pluies commence en Novembre pour se terminer en Avril, après c'est la saison sèche et les paysans se retrouvent sans labeur, à la fin de la saison sèche la nourriture vient à faire défaut et les campagnes désertiques. La vie est donc limite à ce moment là pour tous ceux qui n'ont pas de système d'irrigation.

  • La famille d'Alexandre avec les sacs d'engrais

  • Sa chambre ou il travaille pour être médecin

  • Les femmes qui tissent à longueur de journée pour 2 à 3€ par semaine

Conclusion

Les sœurs prêtes à accueillir un groupe d'étudiants avec anthousiasme

Les 6 sœurs sont enthousiastes à l'idée d'accueillir un groupe d'étudiants l'été 2016, l'hébergement ne pose aucun problème, un véhicule est aussi disponible, les chantiers ne manquent pas.

Une mission dans les montagnes avec distribution de riz ou autres denrées sera à prévoir, l'accueil est aussi possible la-haut mais spartiate, cette mission peut être grandiose sur le plan humain.

Un parrainage collectif est dés à présent mis en place pour aider ce centre avec un premier objectif qui est de financer l'instrumentation de la maternité. Pour 16€ par mois éligibles au crédit d'impot, soyez parmi les premiers à aider ce centre. 

Pour plus de renseignements voir ici:   Parrainage Indonésie (un parrainage collectif fonctionne comme un parrainage individuel, même montant, même fréquence)

Pour nous contacter: contact@kasihbunda.fr

 

 

Une galerie de portraits pour finir (cliquer sur les images pour les agrandir)