Notre groupe accompagné de notre guide, devant les cascades de Sekum Pul à Bali, l'une de nos excursions précédant notre mission.

Petite présentation rapide pour commencer : nous sommes sept étudiants de Grenoble Ecole de Management et nous appartenons tous, dans ce cadre-là, à la même association : SOS (Savoir Oser la Solidarité). 
Ce qui nous réunit ? Notre envie d'aider deux orphelinats (l'un à Flores, l'autre à Lombok), très nombreux en Indonésie et souvent très pauvres, à élever dans les meilleurs conditions possibles ces enfants souvent abandonnés. C'est avec l'objectif de nous engager pleinement auprès d'eux mais aussi de nous ouvrir à une nouvelle culture et un nouveau mode de vie que nous nous sommes investis et que nous avons collecté quelques milliers d'euros tout au long de l'année dans l'espoir d'établir une aide sur le long-terme.

23 Juillet

Le groupe réuni pour s'initier à la production de café avec Soeur Cipriana.

Notre arrivée a Ende s'est très rapidement suivie de la découverte du centre St Elisabeth dans lequel Soeur Cipriana, la directrice de ce centre chrétien, nous a accueilli avec plaisir et convivialité. Aucune des soeurs ne parle anglais, mais ce n'est pas la barrière de la langue qui nous a empêché de les aider à mouler le café, de jouer avec les enfants et de les entendre chanter.

Cette première visite nous a permis de faire un diagnostique sur les besoins de ce centre que nous serions en capacité de satisfaire.

27 Juillet

Reprise de notre travail au sein de l'orphelinat après un week-end chargé en émotions. Soeur Cipriana nous a en effet invité à se joindre à elle pour chercher des enfants recueillis par sa famille à Maukeli, un village situé à quelques heures seulement de Ende. Nous sommes ainsi partis samedi soir et avons dormi sur place. Nous avons eu l'occasion de bénéficier de l'extrême gentillesse et générosité de la famille de Cipriana ainsi que des habitants de ce village au détour d'une promenade. 
A notre retour, nous avons retrouvé avec plaisir les enfants ainsi que le personnel du centre St Elisabeth. Nous avons surtout eu a coeur d'aborder les actions concrètes que nous voulions mettre en place durant les trois semaines à venir en accord avec la volonté de Soeur Cipriana et les besoins du centre : achat d'une machine à café, nettoyage et rangement du centre, mise en place de cours d'anglais et d'informatique, etc... 
Nous avons aussi eu l'occasion d'offrir quelques cadeaux aux enfants : scoubidous, perles et bracelets, coloriages et autres jouets en tout genre. 
La journée s'est achevée sur la toilette des bébés du centre (moins d'un an). Les membres du centre ainsi que certains enfants ont eu l'envie et la gentillesse de nous raccompagner à l'hôtel à pieds.

28 Juillet

Ce Mardi a concrétisé une des nombreuses missions que notre groupe s'est fixé afin d'améliorer les conditions de vie de l'orphelinat. Durant la matinée, une partie du groupe a accompagné Soeur Cipriana acheter la machine à café qui permettra de faciliter la transformation du café vendu par le centre Saint Elisabeth. Cette tâche ne fut pas si simple puisque nous avons rencontré des difficultés à retirer l'argent nécessaire à l'achat (environ 400 euros) - les distributeurs à Ende ne permettent, hélas, de retirer qu'une somme inférieure à 45 euros. Nous avons cependant réussi à trouver une solution grâce à Soeur Cipriana qui s'est volontairement proposée de nous avancer l'argent. L'après midi, nous avons organisé une réunion entre nous afin de mettre en place les cours d'anglais que nous devions donner plus tard dans la journée après le retour de l'école des enfants (affectation des groupes selon les niveaux et les tranches d'age à chaque membre du projet). Ce premier cours d'anglais fut un réel moment d'échange et de complicité avec les enfants, un de ces nombreux moments qui renforcent encore un peu plus notre motivation et notre volonté de faire de ce projet une réussite à long terme. La journée s'est cloturée par des jeux afin de mieux assimiler les cours d'anglais donnés aux enfants mais surtout afin de détendre un peu l'athmosphère avant l'heure du coucher.

30 Juillet

Aujourd’hui, nous abordons notre septième journée de travail dans le centre Panti Asuan St Elizabeth. La mission n’est pas de tout repos. Entre la fatigue et les maladies, nous réalisons peu à peu l’exigence d’un tel travail. Nissrine, se sentant mal, a décidé de rester se reposer à l’hôtel la matinée. Les cinq autres membres du groupe et moi-même sommes donc partis peu après 8h. Le centre étant à deux kilomètres de l’hôtel, nous l’avons rejoint pour la première fois à la marche. Nous avons pu apprécier tout au long du chemin la gentillesse des Indonésiens qui échangeaient avec nous des sourires et des « selamat pagi » (comprendre « bonjour »).
Arrivés au centre, comme à l’accoutumé, nous nous sommes occupés un peu des enfants et des bébés, en les faisant jouer et en leur donnant le biberon. Pierre-Antoine a assuré le suivi médical d’un enfant, Emon, qui s’était blessé au pied et dont la blessure s’était infectée. Il a notamment désinfecté et bandé la plaie.
Par la suite, le groupe s’est occupé des tâches ménagères pour lesquelles les sœurs nous ont sollicités. Pierre-Antoine et moi-même avons aiguisé des lames, qui ont servi plus tard à l’entretien du potager. Pendant ce temps, les filles ont assuré le nettoyage des chambres, avec les produits ménagers que nous avons acheté précédemment. Nous avons pu constater à ce titre que les sœurs utilisent désormais régulièrement ces produits ménagers. Nous espérons vivement que l’un de nos objectifs principaux, à savoir l’amélioration de l’entretien et de l’hygiène, s’ancre dans les habitudes de chacun au sein du centre. C’est pourquoi, l’après-midi, nous avons réuni les enfants en deux équipes, chacune avec un sac poubelle. L’objectif était de participer de manière ludique à un ramassage géant des ordures jonchant le sol du centre, à l’intérieur comme à l’extérieur. Mission accomplie avec succès ! Les enfants débordaient d’enthousiasme et participaient pleinement à l’activité. Nous avons réussi à remplir deux grands sacs poubelle. Cependant, Il reste encore beaucoup à accomplir pour débarrasser le centre des ordures, c’est pourquoi nous devrons sûrement réitérer l’évènement. A la fin de l’activité, les enfants n’ont pas manqué de se laver consciencieusement les mains avec du savon. Hygiène et propreté ! 

Pour terminer cette belle journée, le ramassage des ordures a fait place aux leçons d’anglais. Pour ma part, je travaille en binôme avec Faustine pour enseigner à 5 filles, de 12 à 17 ans, qui étudient déjà un peu l’anglais à l’école. Aujourd’hui était le troisième jour de leçon. Les filles ne manquent pas d’enthousiasme, mais ont de très faibles connaissances de cette langue. Nous nous efforçons donc de leur apprendre un vocabulaire simple et utile.

Après ces 3 jours de leçons, nous avons abordés des thèmes comme les jours, les mois, les chiffres, puis les couleurs, le corps humain, les fruits… Je pense personnellement que toute l’utilité de ces leçons est de les faire pratiquer, car à l’école, il semblerait qu’elle s’en tienne à la théorie. Demain, nous leur ferons passer un petit test pour voir ce qu’elles ont retenu de ces 3 jours. Ce test déterminera certainement la suite de l’enseignement.

Un petit mot également sur la machine à café, que nous avions acheté précédemment et qui constitue notre première action (financière) d’ampleur : elle a été retournée aujourd’hui au centre après des réparations au magasin où nous l’avions acheté. Demain, de nouveaux tests seront lancés. Nous croisons les doigts pour que tout se déroule au mieux. Cette machine à café devrait largement faciliter la production et la vente du café, source importante de l’auto-financement du centre.

2 Aout

Aujourd'hui nous avons décidé de concrétiser un des objectifs que nous avions établis avant d'arriver au centre : l'amélioration de l'hygiène. 

Pour cela il fallait retirer de l'argent et dès notre début du séjour à Ende nous avons connu quelques difficultés à ce sujet. Nous ne pouvions pas retirer une somme importante dans un guichet à la banque et nous étions limités par les distributeurs automatiques où la somme de retrait était faible.

Nous n'avions pas pris en compte que sur l'île de Flores on pouvait avoir ce souci de trésorerie. Heureusement, à l'une des banques où Mama nous a amené, nous avons pu retirer 2 000 000 de Rupiahs ce qui nous a permis de commencer à acheter des produits ménagers et des outils pour leur potager.

Direction donc au supermarché Roxy (le plus grand de la ville) pour acheter une quantité importante de produits ménagers afin qu'ils puissent continuer à nettoyer régulièrement l'orphelinat même après notre départ. 

Ensuite, nous sommes partis au marché traditionnel, sous le regard curieux des passants surpris de voir des étrangers, pour acheter des outils de travail pour entretenir leur potager.

Malheureusement, nous avons connu un autre "obstacle" sur place; dès que les marchands voyaient que la Mama et Ririne étaient accompagnées par des étrangers, ils montaient les prix. Nous avons donc essayé au mieux de négocier mais les Indonésiens sont très tenaces ! 

Après cette matinée, une partie du groupe a décidé de commencer à creuser un trou pendant que d'autres jouaient et s'occupaient des enfants. Ce trou a été creusé dans le jardin de l'orphelinat afin de pouvoir mettre en place un système de recyclage pour les déchets. 

Plus les jours passent plus nous sentons que nous faisons partie de leur organisation, de leur vie et qu'ils nous considèrent comme leurs frères et sœurs. En peu de temps, nous avons créé des liens uniques et intenses. Nous ne pouvions pas mieux être accueillis et intégrés dans leur communauté.

4 Aout

Dans la suite de notre programme de courses, nous sommes partis ce matin acheter de quoi constituer une pharmacie élémentaire, à savoir de la bétadine, de l’alcool désinfectant, des compresses, des pansements, du savon antiseptique et antibactérien, du sparadrap, etc. Cette fois nous n’étions pas accompagnés de Sœur Cipriana, qui ne pouvait pas nous accorder sa matinée, mais avions tout de même l’aide de Ririne (une jeune fille du centre qui, grâce à son niveau d’anglais, est vite devenue notre interprète et notre amie). En expliquant aux vendeurs que nos achats étaient destinés à un orphelinat, elle parvenait à faire baisser les prix de manière plus efficace que nos négociations en indonésien approximatif.

 

L’après-midi, pour nous assurer que les enfants feraient bon usage du savon que nous avons acheté sans lésiner sur la quantité, nous leur avons donné un cours d’hygiène. Sur un PPT, des images montraient schématiquement dans quelle mesure le lavage des mains permettait d’éviter d’être malade. PA et moi-même dictions à Ririne des explications complémentaires qu’elle transmettait aux enfants. Puis nous leur avons montré la chorégraphie d’un lavage de main complet en 6 étapes, en sachant bien que celles-ci allait vite être bâclées à la longue, mais en espérant qu’il resterait quelques réflexes de cet apprentissage.

 Pendant ce temps, ils passaient trois par trois au stand de lavage des mains installé dans la grande salle pour l’occurrence, et se lavaient les mains, surveillés de près par PA.

A la fin du cours, ils avaient tous les mains toutes propres… Mais la plupart se sont vite retrouvées de nouveau sur le sol toujours poussiéreux de la grande salle.

 

Entre les courses et les cours, les garçons ont continué à creuser le trou d’incinération des déchets, aidés par quelques enfants dans la mesure du stock de pelles disponibles. Nous avons dépoussiéré toutes les fenêtres du patio sur lesquelles les enfants avaient inscrit des messages en y passant leur doigt. Et sinon, nous sommes beaucoup restés avec les bébés, pour les habiller, leur donner à manger ou jouer avec eux. 

5 Aout

Ce matin, après le tour habituel de l’orphelinat lors duquel nous saluons l’ensemble de ses membres, le groupe se réunit avec Mama et Ririn pour discuter des futurs achats. Nous nous mettons vite d’accord et partons dans la foulée dans le premier magasin. Les garçons restent pour continuer à creuser le trou d’incinération et rencontrent la personne qui les aidera dans l’après-midi à construire les murs de briques.

C’est donc à pied que nous allons acheter des crèmes hydratantes pour les bébés, des produits anti-poux et quelques pansements. Nous remarquons très vite que le choix est restreint et que les stocks très limités nous empêchent d’acheter la quantité souhaitée. Pour l’anecdote, la pharmacie dans laquelle nous avons acheté les produits anti-poux nous informe que les stocks seront renouvelés d’ici un mois…

L’après-midi, nous retournons, cette fois, en voiture, compléter nos achats. Nous achetons des couches, de nouvelles crèmes pour bébés, des stylos, des jeux pour les enfants et des produits ménagers. Cette fois, les stocks du supermarché nous permettent de trouver les quantités souhaitées. Toutefois, le marché traditionnel étant fermé, nous décidons d’acheter les cartables, les cahiers et les pantalons pour bébés un autre jour.

Quant à eux, les garçons et l’homme que Mama a engagé pour les aider à construire les murs du trou d’incinération ont bien avancés. Avec l’aide de quelques enfants, ils ont superposés des briques liées entre elles par du ciment.

A 18H, les cours d’anglais commencent comme à l’accoutumé. Avec Sébastien, nous axons notre leçon sur l’écriture et la traduction de phrases indonésiennes en anglais.

Le soir, une partie du groupe reste à l’orphelinat pour suivre les enfants dans leurs habitudes pendant 24H tandis que l’autre partie rentre à l’hôtel.

6 Aout

Ainsi Juliette, Nissrine et moi (Solène) avons passé la nuit à l’orphelinat, dans le dortoir des bébés où dorment aussi les nurses.

Nous avons découvert la vie nocturne du centre, rythmée par les cris des bébés qui se réveillent à tour de rôle pour réclamer des biberons (pas étonnant que les stocks de lait en poudre s’évaporent rapidement). Malgré le peu que nous ayons dormi, cette nuit en si bonne compagnie laissera de bons souvenirs !

 

Un nouveau besoin s’est fait connaître : celui d’acheter un grand rice cooker. En effet les enfants se lèvent tous les matins à 4h pour cuire le riz pour tous avant d’aller à l’école. Ils le préparent dans une cuisine insalubre où les moyens du bord les obligent à y passer deux heures environ. Avec l’achat d’une machine à cuire le riz, ça ne prendrait que 30 minutes, m’expliquait Ririne.

Nous étions bien contents de savoir comment dépenser utilement une part de notre budget !

 

Dans la journée nous sommes donc allés acheter ce fameux rice cooker, ainsi que d’autres objets :

  • Une poubelle d’extérieure. Placée dans la cour, elle permettra de collecter les déchets qui iront ensuite dans le trou du jardin que nous construisons.
  • Des cuillères, car nous avons remarqué que tous les enfants mangent avec leurs mains.
  • Des cartables, pas très jolis (beaucoup de vêtements et fournitures en Indonésie sont des produits dérivés de grandes marques comme Angry Bird ou La Reine des Neiges), mais solides.
  • Des petits pantalons en coton pour les bébés (le port de couche n’ayant pas été systématique jusque-là, ils en avaient besoin).
  • Des tapis de sol pour les landaus. Pas de matelas à Florès, ce sera à commander et à faire livrer d’une autre île, l’année prochaine peut-être.

9 Aout

Pour finir la mission en beauté, nous avions prévu pour ce dimanche d’aller à la plage.

Quand nous sommes arrivés, les enfants étaient déjà tous prêts à partir : entassés à l’arrière d’un pick-up, ils nous attendaient impatiemment. Nous nous sommes assis avec eux, et en route pour la plage !

Une fois là-bas Sœur Cipriana a demandé à ce qu’on fasse une ronde, avec les enfants, les Sœurs, et nous les missionnaires, et elle a commencé à prier. C’était en Indonésien, évidemment, mais nous avons compris qu’il s’agissait de rendre grâce pour notre présence parmi eux. Puis ils ont chanté comme le premier jour et c’était toujours aussi émouvant. Enfin, comme c’était l’anniversaire de Ririne, nous avons tous chanté pour elle, en anglais, en français, et en indonésien (Selamat ulang tahun, Ririn !) et lui avons offert son cadeau : une grosse peluche rose.

Toujours en ronde, nous avons ensuite fait un jeu de ballon.

D’autres enfants jouaient avec les jouets apportés par PA : diabolo, boomerang et frisbee.

Nous sommes partis après avoir pique-niqué... avec les mains, car ils n'avaient pas voulu emmener les nouvelles cuillères à la plage de peur de les perdre.

 

Pour notre dernier soir, une boom était organisée dans la grande salle.

Les enfants se sont donnés en spectacle pour nous : des chants, des danses, c’était beau et émouvant, encore une fois.

A notre tour nous avons voulu leur montrer des danses et leur chanter des chansons, occasion aussi pour eux d’avoir un aperçu de la culture française, via la Marseillaise, Patrick Sébastien ou la Queue leu-leu.

Pour finir, nous avons tous dansé une danse locale, qui, comme beaucoup d’autres danses folkloriques, se dansait en rond en se tenant par la main.

 

Demain nous allons retrouver nos partenaires de Kasih Bunda, Sally et Denis, pour un bilan de notre mission.